Blackest Night, ou comment j’ai passé la meilleure nuit de ma vie

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J’ai commencé les comics de super-héros « pur jus » (je ne compte pas des œuvres comme Watchmen ou Kick Ass, mais bien de la production « mainstream » des gros éditeurs du marché) très tard, il n’y a même pas 3 ans de cela pour être un peu plus précis. Cela a commencer par l’immense, le fabuleux, mais pas toujours simple d’accès: Civil War.

Souvent cité dans les discussions comme une œuvre à posséder absolument côté Marvel, j’avais pris une gentille baffe dans la tronche devant la qualité des récits proposés dans l’édition deluxe de Panini. Une histoire principale passionnante, pleines de rebondissements, soutenu par un dessin fabuleux; tout comme ses multiples points de vue annexes eux aussi captivants pour finir sur un final presque poignant.

Autant dire que découvrir l’immensité du monde de Marvel avec une telle œuvre, ça vous marque. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps que ça, Civil War était tout simplement mon histoire favorite de comics de super héros, celle qui m’avait montré qu’on pouvait faire quelque chose d’ambitieux, de mature, avec des super slips comme protagonistes.

Et puis Blackest Night est arrivé. Très clairement, en terme de comics de super-héros et d’histoire typé « crossover », je crois bien que c’est DC qui a finalement remporté la manche très haut la main, qui renvoi un peu toute la concurrence au stade de production de seconde zone (et puis, sans vouloir être méchant, et malgré certaines qualités, ce ne sont pas les derniers crossovers Marvel qui me contredirons).

 Reprenons depuis le début, Blackest Night, kézako ?

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Blackest Night, c’est donc un crossover, une histoire qui touche tout un univers (Ici, l’univers DC Comics), et qui est censé avoir des répercussions sur la suite des événements (Changement de statut quo, personnages qui reviennent/disparaissent/meurent). Paru en 2009, la saga est principalement écrite par Geoffs John (Le gars qui a un peu révolutionné et refaçonné l’univers du Green Lantern en 2004) et dessinée par Ivan Reis. Crossover qui met particulièrement en avant l’univers Green Lantern, il nous raconte la montée en puissance et l’attaque de la nouvelle faction de « Lantern », les Black Lantern, qui décident d’attaquer la Terre.

La particularité de cette couleur, et donc de cette saga ? Dans la mythologie Green Lanterns, le noir représente la mort, et les Black Lantern ne sont composés… que de cadavres ! L’idée principale du récit, du moins dans un premier temps, c’est de constituer l’armée des Black Lanterns de versions zombifiées de nombreux héros et d’anciens adversaires déchus pour affronter nos héros favoris.

C’est une histoire bien plus intéressante qu’il n’y parait (Même si ça reste dans le fond qu’une « grosse baston ») de part sa dimension un peu plus « personnelle » au niveau de la menace. Il est énormément question de la façon dont la mort est parfois représentée dans l’univers DC et de l’impact qu’elle peut avoir sur certains personnages (Blackest Night tourne beaucoup autour du duo Hal Jordan/Barry Allen, alias The Flash; 2 personnages encore mort quelques années auparavant, et ont donc leurs mots à dire sur la question), notamment sur la fameuse question « comment certains héros encaissent la mort de l’un d’eux, alors que dans le fond, ce dernier ressuscitera un moment ou à un autre ? ». Et bien évidemment, met beaucoup en avant la confrontation (autant physique que psychologique) de certains héros fassent au retour de certains de leurs proches alors décédés depuis longtemps.

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Cependant, cette certaine « profondeur » à un prix: l’accessibilité. Soyons franc, ce n’est pas un crossover très simple d’accès. Je dirais même plus, que l’appréciation de l’oeuvre se fait en plusieurs étapes, qu’il faut du temps pour se mettre dans le bain et commencer à gentiment kiffer sa race.

A mes yeux, en plus d’une certaine (mais pas immense, donc ça peut se compenser facilement) connaissance de l’univers DC,  il est déjà assez utile d’avoir lu la – très bonne – saga « Identity Crisis/Crise d’Identité« , ressorti peu avant aussi chez Urban Comics (Et ce n’est sans doute pas anodin, ça répond à une certaine logique) qui, sans être absolument indispensable, apporte quand même pas mal de chose intéressante au récit et complète bien certains passages de Blackest Night qui y font plus ou moins références.

Dans le même esprit, il est toujours bon à prendre de savoir comment Batman est mort – car il l’est à ce moment de l’histoire de DC  ! – par l’excellente collection « Grant Morrison présente Batman« , qui commence justement par cette mort. Encore une fois, pas indispensable ici, mais quand même appréciable, histoire de connaître le contexte de certaines choses. Entrer dans les comics mainstream à un prix, certes, mais l’investissement vaut le coup/t !

L’autre et dernier rempart pour toi qui veut découvrir ce petit bijou du comics mainstream, c’est une bonne connaissance de l’univers Green Lantern. Vous commencez à me connaître, je suis un gros fanboy de cet univers. Mais j’avoue que même moi, j’ai eu un peu de mal à suivre un peu tout ce qui se dit dans Blackest Night. Car en plus d’être de base une saga qui tourne naturellement autour du vert, une bonne partie de ces recueils VF contiennent les chapitres de la série « Green Lantern » qui sont liés scénaristiquement à cette saga.

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Et autant dire de suite qu’on se rend compte qu’ils sont rapidement indispensables (ou du moins, complètent très bien certains « trous » au niveau du scénario principale et ne sont jamais superflus), en plus d’être de très bonne qualité. Du coup, si on n’accroche pas à cet univers, qu’on ne sait pas un minimum de chose dessus (Le fonctionnement des couleurs, certains personnages et leurs histoires, des éléments du background propre à cette portion de l’univers DC), on risque d’être un peu paumé (et rebuté), même si dans un sens, on peut aussi voir ça comme une (très bonne) introduction (très) musclée.

Je serais quand même curieux d’avoir l’avis de personnes ayant lu Blackest Night, sans connaître l’univers du Green Lantern pour voir comme l’ensemble peut être perçu… Mais qu’importe ! Une fois cette (sacrée, j’en conviens) barrière franchie, on prend un pied monstrueux. Si le premier tome ne fait qu’office de très bonne introduction qui ne perd pas de temps, mais dont il faut du temps pour tout digérer (La situation (TOUT l’univers est concerné, ça va au delà de la Terre), les personnages, le rythme très soutenu); le second met directement les bouchées doubles et provoquent baffes sur baffes.

Jamais un comics de super héros ne m’aura procuré autant de plaisir à tous les niveaux. Que ça soit dans l’exploitation de l’univers du Green Lantern qui démontre une fois de plus son immensité et sa richesse; la multitude de situations explosives, de rebondissements surprenants; cette action qui ne semble jamais s’arrêter tout en conservant une intensité exponentielle; Blackest Night n’a beau être au final qu’une bonne grosse baston contre des zombies, il n’empêche qu’il fait ça avec un réel brio.

J’ai toujours aimé l’univers du Green Lantern pour sa démesure presque sans limite et on peut facilement dire qu’on est servi dans le cas présent avec parfois du bon gros fanservice bien grisant (Des anneaux de couleurs allant sur des personnages que l’on n’aurait pas forcément imaginé, des fusions improbables tellement DBZ dans l’esprit que j’en ai chialé, des combats réellement massifs), mais tellement attendu, et donc tellement obligatoire; jusqu’au grand final qui m’aura donné de vrais frissons de plaisir, et expose de très bonnes pistes à la saga suivante, Brightest Day.

On peut le dire, au vu du contexte, on en voit réellement de toutes les couleurs. On pourrait éventuellement reprocher 2/3 petites choses au dessin d’Ivan Reis (notamment au niveau des visages), mais l’ensemble reste très satisfaisant (Vu la richesse visuelle demandée au vu de l’action, c’est limite étonnant un tel niveau pour une série qui s’est étalé sur 9 mois) et surtout toujours un peu compensé par l’immense talent de ce dessinateur que je découvre toujours un peu plus chaque jour, Doug Mahnke, en charge des chapitres de Green Lantern. Ca reste un crossover de haut de gamme, à tous les niveaux.

N’ayons pas peur des mots, on a affaire à un sacré chef d’oeuvre. Pas dans la même catégorie d’un comics réellement profond, misant tout sur un scénario sans faille, mais il cultive tout autant l’excellence quand même, à sa manière. Le mainstream à son meilleur.

 

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Batman, c'est un peu mon Avengers préféré.

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