X-Force: Sexe + Violence – La beauté du vide

Cette mini-série – parue en 2010 & rééditée par Panini début 2013 dans son format Graphic Novel – avait, dans ses grandes lignes, presque tout pour plaire: on se concentre sur un duo charismatique (Le surutilisé – mais toujours une valeur sûre – Wolverine et la charmante – mais trop peu utilisée – Domino), un titre (VO comme VF) bien racoleur, une bonne part d’action qui ne fait définitivement pas dans la finesse et… des ninjas ! Bon, okay, ça commence à être sérieusement has-been (surtout dans l’univers Marvel, ils font souvent office de bouche trou à canon), mais en même temps, ce côté kitsh a … un certain charme, je ne peux pas totalement le renier. Ou disons que ce côté un peu inutile qu’ont ces ninjas s’accorde bien avec la profondeur du récit actuel. Donc, en théorie, ça passe, de quoi faire un bon petit plaisir coupable.

D’autant plus qu’au dessin, la pièce maîtresse ! La raison n°1 de sortir les bifftons ! Gabriel Dell’Otto, baby ! S’il ne fait pas parti de mon top 7 de mes dessinateurs de comics, il n’en est pas moins très proche et reste lui aussi une valeur sûre dans l’industrie. On sait qu’on ne peut pas être déçu par cet homme. Okay, je ne connais pas tous ses travaux, mais sa patte est tellement agréable que je le vois mal rater une planche. Et si ça arrive, je risque de très mal le prendre. Seriously.

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Hélas, si le programme est alléchant, qu’un demi-dieu est au dessin, j’en ressors… déçu, insatisfait, un peu frustré. Je sais bien que les scénarios de comics sont souvent pas terribles ou au moins « simplistes » (sans forcément être mauvais non plus, mais ça se résume souvent à des prétextes pour se taper sur la gueule), mais là, on rentre dans le contexte sans vraiment s’y intéresser. Domino, bossant pour l’équipe X-Force, s’attire les ennuis après avoir accepté un petit boulot supplémentaire auprès de personnes pas très recommandables (des bad guys en somme, mais parait que ça paie bien). Ca n’a pas très bien tourné (sans dec’), et la voilà coursée par la Main, les fameux ninjas kitshos – entre autre – et dont Wolverine viendra lui prêter main forte. Le tout saupoudré d’une apparition furtive du reste de l’équipe X-Force, histoire de respecter les quotas, j’imagine, et… c’est tout. Au moins, on ne pourra pas dire que le scénario est inutile complexe/confus.

Le tout entrecoupé de – rare, malgré le titre – scène de tension sexuelle au sein de notre duo d’X-(wo)men. Ouaip, autant le dire de suite, le titre est particulièrement trompeur à ce niveau là (et un peu pourri en soi, c’est juste  2 pauvres mots-clés « vendeurs » collés ensemble. « Eh les gars, quels sont les thèmes qui marchent chez les jeunes ? » « Perso, je dirais la VIOLENCE et le SEXE. La base quoi. » « Parfait, appelons cette série X-Force: Sex & Violence, peu importe le contenu »). Quelques planches avec une Domino un peu dévêtue et basta. Frustration ! Même la tension sexuelle entre Batman et Catwoman dans la série des New 52 de cette dernière était bien plus explicite et « racoleuse », sans pour autant le placarder sur la couverture.

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On se consolera principalement par le dessin absolument fantastique de Dell’Otto. La richesse et la perfection de chaque planche, ce choix de couleur (malgré le côté « sombre » lié à la série X-Force), la violence dégagée lors des scènes d’action; on ne pourra pas dire qu’à ce niveau là, on n’en a pas pour son argent. Série riche en action, parfaitement orchestrée, le titre aura le mérite d’honorer la moitié de ses mots-clés. C’est déjà pas si mal.

En définitive, cette mini-série X-Force est définitivement trop mini pour pour qu’on puisse vraiment s’en satisfaire. Je ne peux pas vraiment la détester parce que c’est beau à en pleurer et ça reste fun dans l’ensemble, mais c’est quand même un peu vain, un peu oubliable malgré tout car trop court. J’sais pas, de ma – encore – maigre culture comics, 3 chapitres pour raconter une histoire, arriver au The End après 60 pages, j’ai… du mal, ça me parait vraiment trop peu. J’ai le même soucis avec d’autres séries qui te font des chapitres « One-shot » (Secret Avengers) ou des arcs tout aussi court (le gros soucis de la série Deadpool, par exemple, quasi toujours du 3 chapitres/arc), ne pouvant généralement rien développer de bien passionnant.

Mais sur ce dernier point, je veux bien me tromper.

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Batman, c'est un peu mon Avengers préféré.

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