Le Tout Nouveau Guide Pour All-New Marvel NOW! – Première Partie : Janvier 2014

Il y a un peu plus d’un an, Marvel avait prouvé à tous ceux qui en doutaient après que le reboot de l’univers DC se soit incroyablement dégonflé que oui, si on était assez malin et que l’on évitait de traiter les créateurs comme du bétail, on pouvait balancer un bon gros shot d’adrénaline dans les ventes de ses illustrés en les relançant avec tout un tas de nouveaux #1. Ça s’appelait Marvel NOW!, c’était plutôt bon, et ça a commencé à arriver en France chez Panini alors si vous ne me croyez pas et que vous avez peur de la VO vous pouvez vérifier par vous-même, même si je suis un peu offensé par le manque de confiance que vous avez en moi.

Un an plus tard, tel le junkie dans sa ruelle avec une seringue usagée, Marvel va retenter le coup, en lâchant sur des milliers de boutiques qui n’en demandaient pas tant une nouvelle vague de titres aussi excitante qu’énorme. 23 titres ont été annoncés, et ils ne sont pas partis pour s’arrêter puisqu’ils continuent à annoncer des titres. A moins d’être le genre d’idiot qui achète plus ou moins n’importe quoi pour en parler sur un blog, vous n’aurez pas ni le temps ni les moyens de tout lire. Alors comment s’y retrouver ? En tant qu’idiot qui achète plus ou moins n’importe quoi pour en parler sur un blog, je vais vous aider à remplir votre panier en vous présentant mois par mois tous les titres de All-New Marvel NOW!.

Ma méthodologie sera simple : d’abord, le pitch du titre en lui-même, ce qu’il devrait raconter et comment il va s’y prendre pour le raconter. Ensuite, les gens qui vont faire ce titre, parce qu’il est important de savoir à qui on a affaire avant de prendre une décision. Enfin, je tempérerai votre enthousiasme débordant en tentant de vous croquer le pire des cas pour l’avenir de ces titres. Prêts ? Moi non plus.

JANVIER 2014

aaaaah je suis en feu

All-New Invaders : Basés en partie sur All-Winners Squad publié en 1946, puis réimaginés en 1969 dans des flashbacks de Avengers, les Invaders sont, chronologiquement, une des premières équipes de super-héros de l’univers Marvel, tabassant du Nazi durant la seconde Guerre Mondiale parce que des Nazis avaient besoin d’être tabassés durant la seconde Guerre Mondiale. Dans leurs nouvelles aventures, le groupe composé de Namor, la première Torche Humaine Jim Hammond, Captain America et le Winter Soldier vont devoir arrêter des menaces revenues de l’époque où ils étaient Namor, la première Torche Humaine Jim Hammond, Captain America et Bucky.

Là où cela devient intéressant, c’est que le bouquin est signé par deux types qui il y a encore un an publiaient des bouquins chez DC Comics. Steve Pugh, l’illustrateur, était revenu illustrer Animal Man avec Jeff Lemire, et James Robinson avait lancé Earth-2, dans lequel il remixait avec talent les héros de l’âge d’or des comics pour lesquels il voue une admiration certaine, de Starman à la JSA. Bref, deux bonhommes assez talentueux, dont un que l’on reverra le mois prochain.

Maintenant, voilà : oui, lorsque Robinson joue dans la vieille boîte à jouets des années 50, il fait des trucs aussi géniaux que Starman, mais il a également écrit Cry For Justice, l’un des pires events de ces dix dernières années, et même si ses pêchés ont été pardonnés depuis, il est important de ne jamais oublier.

Je suis certain que ce type mystérieux sous sa capuche n'a rien à se reprocher

All-New X-Factor : Après sept ans de bons et loyaux services, Peter David a dit « au revoir » à X-Factor, le bouquin qui, sous prétexte de raconter les aventures d’une agence de détectives mutants sous la houlette du génial Jamie Madrox vivaient des aventures et se racontaient des blagues, était en réalité une grosse sitcom super-héroïque mais avec moins de rires enregistrés et plus d’obscurs superhéros des années 90 comme Polaris et Strong Guy.

Le nouveau X-Factor aura toujours Polaris, mais cette fois-ci flanqué de types comme Quicksilver et Gambit, et au service de Serval Industries, une méga-corporation forcément suspecte. Et derrière ce reboot, on retrouve Carmine Di Giandomenico, que l’on connaît par ici surtout à cause des ses contributions au run de Kieron Gillen sur Journey Into Mystery, au dessin, et, oui, évidemment, Peter David au scénario. Il me faudrait tout un dossier pour parler de la carrière de Peter David, de Hulk à Aquaman, alors soyons bref : X-Factor est son bébé et il est entre de bonne mains.

Maintenant, voilà : X-Factor, c’est les X-Men dans tout ce qu’ils ont de plus soap-opératique, et je sais que ça peut repousser certains. Enfin, une fois qu’on s’y est accroché, le plus dur c’est de lâcher, donc dans le pire des cas vous achèterez l’équivalent de sept ans de comics. Il y a pire punition.

Avengers World : Vu que c’est un peu l’un des leitmotifs du run de Jonathan Hickman commencé l’an dernier, le pitch du comic se fait assez rapidement : il y a tellement de Vengeurs qu’ils ont besoin d’un troisième bouquin pour eux, qui va s’intéresser aux coins du monde de Marvel qui n’ont pas encore été explorés dans les deux autres titres sous la houlette de Hickman, et il devrait y en avoir un paquet vu le temps qu’ils passent dans l’espace. C’est illustré par Stefano Caselli, un autre artiste italien, qui s’est fait remarquer sur des bouquins comme Secret Warriors, avec Hickman aussi tiens quelle coïncidence, ou Spider-Man.

C’est co-écrit par Johnathan Hickman, donc, le gars super-méthodique qui adore faire des graphiques super-compliqués et qui prévoit ses histoires sur le super-long terme, comme son run sur les Quatre Fantastique, désormais disponible en omnibus, pourra le prouver. C’est un bon gars, il vient de boucler le meilleur event de Marvel depuis fiouuuu, super longtemps ? et il trouve quand même le temps d’écrire des super bouquins chez Image.

Le problème, c’est que son co-auteur, c’est Nick Spencer, l’un des types les plus inégaux de toute l’industrie. Parfois, quand il bosse avec des artistes talentueux comme Emma Rios ou Steve Lieber, il arrive à sortir des trucs malins et rigolos comme Cloak & Dagger et Superior Foes of Spider-Man. Mais la plupart du temps, c’est un type qui se perd dans ses idées, qui promet un truc puis qui oublie sa promesse pour lancer un autre truc. C’est un peu le reste de son oeuvre, de Morning Glories à Ultimate X-Men en passant par le très mauvais Secret Avengers. Maintenant, il est vrai que le type sait écrire des dialogues à peu près corrects. On ne peut pas lui retirer ça.

C’est peut-être ce qui sauvera Avengers World, d’ailleurs. Coincé dans les grands plans d’un type dont c’est la spécialité de faire des grands plans, il pourra laisser son talent s’exprimer, et les quelques numéros d’Avengers qu’il a co-signé avant Infinity montrent que c’est une équipe qui marche.

Maintenant, voilà : on parle de quelques numéros de Avengers, pas d’une nouvelle série. Mettons que Hickman ne fasse pas trop attention et laisse Spencer partir dans ses délires, et bam, tout l’ensemble se casserait la tronche. Ce qui le ferait assez mal.

Black Widow : Depuis qu’elle a été incarnée au cinoche par Scarlett Johansson, tout le monde aime la Veuve Noire, cette charmante jeune fille dont le cerveau a été lavé par le KGB qui l’a envoyé causer tout plein de calamités pour l’ennemi capitaliste. Tout va mieux depuis, rassurez-vous, et la voilà dans une nouvelle série lancée dans une quête permanente pour faire oublier ses travers passés. En gros, un bouquin pour tous les gens de bon goût qui aiment les histoires d’espionnage et les rousses. Sauf qu’évidemment, comme dans toutes les histoires d’espionnage, il y a un twist.

Tout était pourtant très bien parti : c’est le talentueux Phil Noto qui illustrera le bouquin, et il se trouve que c’est un de mes artistes préférés. Oui, les mauvaises langues diront que ses personnages féminins n’ont qu’un seul visage. Même si c’était le cas, c’est un visage qu’il dessine très bien, parce que son style épuré permet une subtilité capable de communiquer tout un tas d’émotions, et qu’il est particulièrement doué pour tout ce qui est langage visuel en général.

Mais paf, à l’écriture, on retrouve Nathan Edmonson. Certes, il s’y connaît en espionnage, et beaucoup de gens ont dit du bien des aventures de Jake Ellis qu’il écrit chez Image, mais dès qu’il s’agit de faire du mainstream, je le trouve, sinon mauvais, au moins carrément ennuyeux. Que ce soit Grifter chez DC ou Ultimate Iron Man chez Marvel, il n’a jamais dépassé l’infâme cadre du « sympa mais sans plus ».

Maintenant, voilà : Peut-être que cette fois c’est la bonne ? Le bouquin sera joli, ça je peux vous l’assurer, mais pour le reste ? C’est l’un des bouquins que j’attends le moins de tout ce pataquès, je vais avoir beaucoup de mal à le défendre.

LA PROCHAINE FOIS : On parlera de familles, de minorités, de losers et de Tom Hiddleston.

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Arez

Arez est le meilleur au monde dans ce qu'il fait, et ce qu'il fait consiste à lire des illustrés et à pleurer tout seul dans sa chambre. Mais il est plutôt gentil.

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