Le Cercle, T.1 – Color Me Intrigued

(NB : C’est un peu la première fois que je me tente véritablement à la chronique, j’en appelle donc, mesdames, messieurs, à votre indulgence et je souhaite dans tous les cas une bonne lecture, et toute critique sur… la critique sera appréciée)

LE CERCLE 01

J’aime pas faire comme les autres, alors forcément, quand on me propose de faire des chroniques de comics sur un site/blog participatif, je préviens tout de suite que je vais probablement pas parler de comics de super-héros (sauf Empowered) parce que c’est pas vraiment mon truc. « Pas grave » me dit-on, puisque de toutes façons, il y a des tas d’autres comics qui ne parle pas de super-héros (ce qui est tout à fait vrai).

Mais voilà, j’aime faire encore plus fort que ça et non seulement je ne vais pas chroniquer un comics de super-héros (même si les personnages ont des « super »-pouvoirs), mais en plus, ce n’est même pas un comics américain (et là, c’est le drame dans les chaumières et le taux de suicide dans toute la France augmente drastiquement par ma faute, j’en suis désolé, vraiment).

Le Cercle, donc, est un comics français, écrit par Andoryss et dessiné par Nesskain, qui nous narre l’histoire d’un petit groupe de gens dotés de pouvoirs spéciaux (lire l’avenir, se ballader dans les rêves, parler avec des voix de l’Outremonde ou encore voir la réalité du monde à travers différentes couleurs). Enfin, ça commence mal dés le début du tome puisque l’un d’entre eux, qui faisait plus ou moins figure de doyen, est tué dans des circonstances mystérieuses.

Alors oui, là comme ça, le pitch ne fait vraiment pas très original évidemment. C’est sûr même que c’est encore plus difficile de passer après ce genre d’introduction à un récit quand y a Watchmen qui a utilisé ce procédé et certains s’y sont cassé les dents (le dyptique The Twelve est plus que décevant à ce niveau-là par exemple). Mais voilà, ce premier tome du Cercle est en fait vraiment pas mal. Et je vais vous expliquer un peu plus en détail pourquoi vous devriez vraiment y jeter un coup d’œil.

LeCercleExtrait1

La première raison tient dans ses personnages. En effet, ceux-ci sont terriblement attachants et très humains, on ressent bien l’idée qu’ils ont des pouvoirs, mais qu’au fond, ils ne savent pas trop quoi en faire et qu’ils essayent ainsi tant bien que mal de s’en sortir dans la vie. A noter aussi que le chara-design est véritablement excellent et aide véritablement à cerner les caractères de chacun tout en ne donnant pas l’impression d’en faire trop (et puis bon dieu, Pia a un peu le meilleur manteau de tous les temps).

Ce tome se concentre avant tout sur les personnages de Pia (qui fait des rêves conscients) et Nicolas (une sorte de synesthète surpuissant), un duo qui fonctionne extrêmement bien parce que simple mais efficace (la jeune fille moins candide qu’elle en a l’air et le brun ténébreux). Vers la fin du tome, un troisième personnage, assez mystérieux, commence à gagner en importance et il paraît évident que celui-ci sera développé plus en avant dans le tome suivant. Pour le reste, on a le droit à des personnages secondaires efficaces, peut-être malheureusement un peu effacés parfois sur l’autel de l’exposition des protagonistes et de l’intrigue.

Le scénario est vraiment efficace. Il s’agit d’un récit en trois tomes, et fatalement, ce premier tome souffre du syndrome de l’introduction (c’est-à-dire beaucoup de bla bla et peu d’actions) et du coup, on a un peu l’impression que tout commence véritablement à démarrer qu’à la fin mais il n’empêche que ce tome réussit efficacement à nous présenter les personnages, les enjeux et les mystères du récit. Non vraiment, rien à redire à ce niveau, quand on finit le tome, on n’a qu’une envie, c’est de passer au suivant pour voir ce qu’il va se passer.

A noter aussi que le récit se veut vraiment dans la veine comics avec un découpage par chapitre d’une vingtaine de pages qui se finissent le plus souvent par un léger cliffhanger. Il paraît en tout cas clair que le récit aurait très bien pu prendre une forme de parution en softcover à la manière d’autres comics sans aucun problème (ceci est juste une excuse de l’auteur de la critique pour dire qu’il aurait aimé avoir des alt’ covers en fin de tome et parler de lui à la troisième personne).

LeCercleExtrait2Sur le plan graphique, Nesskain fournit un très bon travail. Comme je l’ai déjà dit précédemment, le chara-design est parfait et une véritable attention est porté sur l’ambiance, qui mêle polar et fantastique. Par exemple, la « teinte » du graphisme est majoritairement composée de couleurs ternes ou ternies, du coup, le pouvoir de Nicolas, qui se base sur la couleur, est efficacement mis en avant. On a aussi le droit à des décors magnifiques et détaillés et certaines cases sont véritablement de toute beauté (cette simple case d’un des personnages fumant à un balcon à la fin du chapitre 2). Tout cela est vraiment mis en valeur par un très bon travail sur la lumière, et bon dieu je crois que j’ai rarement vu des rues de nuit aussi magnifiques que dans cet ouvrage.

Malheureusement, le trait est parfois encore un peu maladroit sur certains personnages et la pauvre Pia se retrouve à quelques moments avec des yeux plus globuleux qu’autre chose. Rien de repoussant, mais dans un récit au graphisme aussi bien travaillé, ça fait quand même un peu tâche.

Ce premier tome reste en tout cas une excellente surprise et fait preuve d’une très bonne maîtrise aussi bien narrative que graphique de leurs auteurs. En tout cas, trois tomes, c’est bien, d’un côté, le récit semble bien parti et peu de chances que ça se précipite ni que cela s’essouffle (mais on ne sait jamais). Affaire à suivre donc, et je me ferai un plaisir de poursuivre ma lecture des tomes deux et trois (et de les chroniquer ici, probablement).

PS : L’image en une de l’article est tirée d’une illustration originale de Nesskain trouvable ici.

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Meles Badger

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