Empowered T.8 – Histoire triste en diable

Avant propos : je vais faire de mon mieux pour pas trop spoiler l’intrigue de ce tome évidemment… mais je garantis pas de pouvoir en faire autant par rapport à quelques évènements de tomes précédents, même si je vais rester évasif.

 Empowered t8

Enfin le voilà ! Après une bonne grosse année d’attente fébrile, l’Empowered nouveau est arrivé, la comédie sexy de super-héros (sauf quand ce n’est pas une comédie sexy) géniale d’Adam Warren nous gratifie d’un nouveau tome… où justement, la comédie est largement mise de côté. C’était déjà le cas dans le plutôt sanglant tome précédent (on pourra d’ailleurs au détour de quelques pages apercevoir les séquelles physiques de ce tome sur le personnage concerné) mais là, on tombe aux limites de la dépression complète.

Déjà, rien que le thème de ce tome n’est pas clairement des plus joyeux : Sistah Spooky a extrêmement de mal à vivre avec la mort de son love interest (Mindf*uck) et apprendre que l’être aimé est peut-être en train de souffrir aux Enfers n’est de toute façon pas forcément super génial pour accepter la mort de l’être aimé… Du coup, c’est parti pour un petit crochet par les Enfers pour essayer de sauver Mindf*uck, et elle est prête à sacrifier son statut de super-héroïne pour cela.

Bref, tout cela respire la joie de vivre et l’occasion de s’amuser… Non en fait, on se retrouve avec un tome qui se focalise sur Sistah Spooky en particulier et sur une introspection de celle-ci (très bien mise en scène au travers de la relecture d’un interview qu’elle fait vers le tout début du tome, où elle imagine ce qui se passerait si elle disait toute la vérité sur ses sentiments, un fil rouge vraiment intéressant et très bien mis en scène).

Ainsi, le rythme lui-même de ce tome est touché. En effet, celui-ci n’est composé que de deux très gros chapitres. Si le premier est en fait largement composé de saynètes où les différents personnages de l’univers d’Empowered se questionnent sur la notion d’enfer. Cela va du très conceptuel (la plupart des super-héros sont plus ou moins agnostiques), au pragmatique (l’hilarante vision du paradis et de l’enfer du Sbire ou encore le Super Dirty Jobs au Volcan de San Antonio) en passant par la vérité cosmique (forcément détenu par le Démon Enchaîné dont toute l’histoire du cosmos est évidemment spoilé en raison de son statut d’être quasi-omniscient)).

Cette partie s’octroie quelques gags et reste plutôt légère mais on peut sentir une note de désespoir à presque chaque scène (même la partie du Sbire se termine sur une note bien moins drôle qu’au départ…). Après la mort (et même l’après-mort) des super-héros dans le tome 6, on se retrouve ici avec de nouveaux questionnement métaphysiques qui offrent encore de la profondeur à l’univers d’Empowered. Ce qui est toujours cool.

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En fait, il paraît clair que le premier chapitre aurait pu être divisé en plusieurs chapitres mais qu’Adam Warren les a tous rassemblé dans un même chapitre juste pour pouvoir augmenter le nombre de pages du second chapitre, entièrement consacré à l’opération de sauvetage de Mindf*uck. Une bonne grosse centaine de pages y est consacré, au cours desquelles une large partie est consacrée à approfondir le personnage de Sistah Spooky et sa relation avec Mindf*ck.

Autant l’avouer, l’opération de sauvetage est en elle-même un peu légère en terme de narration. On nous ressort quelques fils narratifs déjà abordé dans les thèmes précédents (l’astéroïde interdit par exemple) et qui auront sûrement un impact dans les tomes futurs, ce qui est toujours bien, mais disons que l’opération de sauvetage en elle-même reste un peu creux. Pas forcément très intéressant en elle-même on va dire.

Par contre, là où ce tome brille, cela reste concernant l’approfondissement du personnage de Sistah Spooky et de ses relations avec Empowered et Mindf*uck. Tous leurs dialogues sont géniaux (et ils composent 95% du chapitre), les scènes de flash-back avec Mindf*uck sont marquantes (LA SCENE DU CAUCHEMAR), l’évolution des rapports entre Emp et Sistah Spooky, tout s’écoule naturellement et on est tout simplement pris aux tripes de voir ces personnages, leurs forces, leurs faiblesses et la façon dont ils essayant de faire au mieux avec leur vie.

Je ne suis pas très émotif lorsque je lis une œuvre et le simple fait que ce tome soit parvenu à me faire monter les larmes aux yeux à plusieurs reprises (là où le tome précédent avait réussi à le faire une fois seulement), et ce sans faire appel constamment au pathos et à des scènes foncièrement tristes (à mes yeux en tout cas), souligne bien la force du récit. Et si, narrativement parlant, il ne s’est pas passé grand chose dans ce tome, il est probablement l’un des meilleurs par la portée émotionnelle et l’humanité qu’il suscite envers et chez tous les personnages importants de ce tome.

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Et je m’aperçois que je n’ai rien dit du dessin. Mais que voulez-vous, ça reste du Adam Warren, avec juste largement moins de fanservice que d’habitude. Du coup, c’est toujours au top niveau dessin avec ce mélange « manga-comics » (peu importe ce que ça peut bien vouloir dire), c’est toujours aussi clair, dynamique et bien construit. L’ambiance crayonné ajoute toujours autant à offre toujours ce génial cachet à l’oeuvre. Bref, rien de nouveau de ce côté-là.

Un tome avec ses défauts (dont un rythme un peu plombé par le nombre minime de chapitres, et un manque d’actions (là où le tome précédent mariait à merveille scène d’action époustouflante et approfondissement des personnages)) mais avec aussi d’énormes qualités et qui donnent envie qu’Empowered continue encore longtemps comme ça, surtout si c’est pour que l’on ait encore droit à autant de personnages aussi bien construits.

Mais, s’il te plaît, Warren, arrête de faire souffrir tous mes personnages préférés comme ça.

*se met en boule par terre et commence à pleurer*

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Meles Badger

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