Le Tout Nouveau Guide Pour All-New Marvel NOW! – Cinquième Partie : Mars, ensuite

Ça va faire, quoi, un mois qu’on ne s’est pas vus ? Bigre bougre, j’ai presque oublié comment on écrivait des articles semi-humoristiques à valeur éducative sensés servir de guide d’achat pour un public qui voudrait s’essayer à la collection de trop d’illustrés américains. Je sais qu’il suffit de mettre des mots les uns derrière les autres, mais lesquels ? Et pourquoi ? Je suis un peu rouillé et je risque de manquer de cohérence, aussi j’espère que vous pourrez me pardonner avocat gouache carton huile essentielle de jojoba.

Bref, je vous avais laissé en plein milieu du mois de Mars, avec tout plein de comics dont il faut parler. On recommence en douceur, avec les trois nouveaux bouquins qui arriveront sur les étals dont je n’ai pas parlé tantôt. C’est moins que d’habitude mais le mois est foutu comme ça alors zut, c’est mes articles, et ils sont encore assez satisfaisants pour être publiés alors ça doit bien vouloir dire quelque chose.

Magneto

Bigre-bougre, faites péter les Pringles, parce que Magneto a son bouquin solo à lui. Tu sais à peu près qui il est et ce qu’il a fait, mais pour à peu près comprendre les enjeux de ses nouvelles aventures, il va falloir faire un peu de recontextualisation. Depuis quelques temps, Magneto est l’un des meilleurs copains de Scott Summers, parce qu’il sait ce que c’est d’être l’un des terroristes les plus recherchés au monde tout ça parce qu’on se bat pour la cause des mutants. Et, jusqu’ici, leur amitié a survécu non seulement au fait que Scott ait été responsable d’une perte d’une bonne partie de ses pouvoirs magnétiques, mais aussi et surtout au fait qu’il ait balancé un gros laser rouge dans la tronche de Charles Xavier, du genre à ne laisser que des cendres derrière.

Bref, même si Magneto croit totalement en La Cause, ça reste un type compliqué. Pour décompresser, il retourne à sa passion de lorsqu’il était Michael Fassbender dans X-Men First Class, c’est-à-dire la chasse au Nazi. Sauf que, vu qu’il n’y a plus des masses de vieux nazis en 2014, il a choisi de changer de domaine et de s’attaquer aux ennemis potentiels des mutants avant qu’ils ne puissent balancer leurs armées de Sentinelles, le tout avec des méthodes plutôt expéditives.

Pour écrire ces aventures à l’héroïsme discutable, Marvel a choisi Cullen Bunn, un gars qui s’est fait remarquer pour son excellent boulot en indépendant avec The Sixth Gun, mais qui, comme beaucoup de jeunes indépendants plein de promesses, n’a pas encore réussi à faire quelque chose dépassant le « sympa sans plus » chez les superhéros corporate. Après, j’ai dit exactement la même chose au sujet de Nathan Edmonson, et, surprise, Black Widow #1 envoyait pas mal de bois, alors qu’est-ce que j’en sais ? Il est vrai que sur le papier, il serait capable de faire quelque chose de plutôt sympa avec tout plein de nuances de gris et des super-pouvoirs. C’est en tout cas un peu mieux taillé pour lui qu’un bouquin comme Fearless Defenders. Mais j’ai encore un peu de mal à y croire.

Avec lui, Gabriel Hernandez Walta, un artiste espagnol qui a déjà signé deux-trois numéros par-ci par-là chez Marvel, entre Astonishing X-Men, Dark Avengers et quelques autres trucs. J’ai mis le lien sur son site pour que vous puissiez vous faire votre propre avis, parce qu’autant je peux à peu près me moquer des gens qui écrivent, autant je dois bien admettre que je n’ai pas les mots pour parler d’illustrations, à part quand c’est vraiment, vraiment moche. Ce qui n’est pas le cas ici, attention. Mais, en général. Bref. Passons à autre chose avant que je continue de m’enfoncer.

Moon Knight

Marc Spector était un play-boy milliardaire voyageur jusqu’à ce qu’il croise le chemin de Khonshu, le dieu égyptien de la vengeance, qui le ramène à la vie en lui donnant des pouvoirs liés à la lune. Ça peut arriver à n’importe qui. Comme tout bon play-boy milliardaire forcé de se lancer dans une croisade vengeresse, il a décidé d’enfiler une armure, de se barder de gadgets et d’apprendre tout un tas d’arts martiaux avec des noms compliqués histoire de tabasser des gredins. Ou peut-être que tout ça c’est du grand n’importe quoi et que c’est juste un taré qui a enfilé un costume pour pouvoir faire des prises de karaté aux pauvres sans se faire choper. Ou peut-être que c’est juste un malade mental. Ça expliquerait les voix dans sa tête.

Quoi qu’il en soit, Marc Spector est un type compliqué, et il est de retour à New York, la ville la plus compliquée du monde, pour résoudre des crimes compliqués. Et par « compliqués », j’entends ici « tellement dingue et tordus que personne n’oserait s’en approcher à moins d’être aussi compliqué, et par « compliqué », j’entends ici « complètement et absolument taré ». » Bref, le genre de bouquin dans lesquels on peut se perdre dans le genre de délires qui amènent à l’anaphore ci-dessus.

Qui pourrait faire justice à un concept aussi dingue, sinon Warren Ellis ? Et, deuxième question, ai-je vraiment besoin de vous présenter Warren Ellis ? Si vous n’avez pas lu The Authority, Planetary, Nextwave ou Transmetropolitan, je suis légalement obligé d’émettre un sacré doute sur votre passion pour les comics, et dois vous interdire l’accès à la suite de cet article. Cherchez son nom sur Comixology et achetez les titres cités ci-dessus. J’attendrai. Prenez votre temps, cultivez-vous, cet article sera toujours là quand vous aurez fini.

C’est bon ? Sûr de chez sûr ? Je n’ai plus à présenter un type que tout le monde devrait déjà connaître ?

Okay. Avec lui, on retrouve Declan Shalvey, un artiste irlandais qui a fait quelques numéros de Thunderbolts, Venom et tout un tas de couvertures avant de s’illustrer en 2013 en illustrant The Good, The Bad and The Ugly, le meilleur arc de Deadpool de ces dix dernières années, déjà un classique, qui montre tout son talent pour l’action détonante et les moments calmes ou les héros discutent des trucs foufous qui viennent de leur arriver.

De tous les bouquins que j’ai chroniqué jusqu’ici, et même parmi ceux qu’il me reste à chroniquer, c’est celui que j’attends le plus, alors ne venez pas me demander d’en dire du mal. Désolé.

Silver Surfer

Qu’est-ce qu’un type comme Norrin Rad, ancien héraut de Galactus et possesseur du Pouvoir Cosmique peut faire de ses journées, maintenant que lui et sa planche en argent sont libres d’aller où ils veulent dans l’univers et plus loin encore ? C’est la question compliquée à laquelle Silver Surfer va tenter de répondre à partir de Mars 2013, et la réponse est simple : il va se trouver une copine sur Terre et l’amener dans des étranges aventures dans les recoins les plus paumés de l’espace pour s’amuser et tenter de comprendre ce tourbillon qu’est devenu sa vie, tout en sauvant la veuve et l’orphelin quelque soit la galaxie où il se trouve.

C’est illustré par mon artiste préféré et docteur-ès-pop-art par excellence Mike Allred, un type absolument adorable à la bibliographie joyeuse et colorée, de Madman à FF en passant par X-Statix que j’aime d’amour. Je suis incapable de parler de son boulot avec l’objectivité que vous êtes en droit de réclamer de ma part, et son boulot parle pour lui-même, mais autant dire que ce bouquin aurait du être mon futur bouquin préféré. Vous aurez noté l’usage du conditionnel passé, expliqué dans le paragraphe suivant.

Au scénario, on retrouve Dan Slott, c’est-à-dire le type qui a ruiné Spider-Man en envoyant par la fenêtre toute notion de logique scénaristique et de caractérisation de ses personnages pour balancer son gros twist à la con et se tripoter la nouille en pensant aux gens excédés par ses conneries, dont je fais partie parce que j’aime faire partie du problème. C’est un mauvais auteur, dont le boulot est digne des fanfictions les plus médiocres, et l’idée que ce type soit payé pour écrire sa daube me rappelle qu’il n’y a aucun espoir en ce bas monde, sinon la possibilité d’en finir.

Mais je vous vois émettre des doutes. Après tout, je parle en méconnaissance totale de cause, c’est le but de cette série d’articles, comment puis-je être aussi certain de mon coup lorsque je vous dit qu’il n’y aura rien de bon à tirer de ce bouquin écrit avec les pieds ? Simple. Dans le mois passé depuis notre dernière correspondance, Marvel a sorti All-New Point One, une collection d’histoires très dispensable censées offrir un avant-goût des titres à venir. Parmi eux, une histoire du Surfer d’Argent par Slott et Allred qui donne une idée de ce qui sera sur les étals.

Pour être gentil, c’est médiocre. Pour être méchant, c’est une mauvaise fanfic de Doctor Who avec Norrin Rad dans le rôle du Docteur, et pas le bon Doctor Who, non, le Doctor Who des saisons 6 et 7 quand Steven Moffat commençait à être insupportable, c’est à dire une mauvaise fanfic d’une mauvaise fanfic. Une photocopie triste et délavée, où même Allred peine à convaincre, avec sa planète-océan qui est en fait Venise mais en gris et pourri. Bref, un comic qui me rend triste, très triste, alors arrêtons les frais pour aujourd’hui. On se voit la prochaine fois.

LA PROCHAINE FOIS, DONC : On causera de Tumblr, de la fois où Superman a traversé les Etats-Unis à pied et d’uniformes scolaires.

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Arez

Arez est le meilleur au monde dans ce qu'il fait, et ce qu'il fait consiste à lire des illustrés et à pleurer tout seul dans sa chambre. Mais il est plutôt gentil.

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