Green Lantern Saga#21: The Show Mustn’t Go On

Neuf ans. Voir dix si on compte en âge français. C’est le temps qu’a passé le scénariste Geoff Johns sur le titre Green Lantern, depuis le premier numéro de la mini-série « Rebirth » en 2004 jusqu’au grand final chroniqué ici même, Green Lantern #20, lui même publié dans le magazine français Green Lantern Saga #21 plutôt fraîchement sorti. C’est donc un avis véritablement à chaud (Enfin, le temps que j’écrive cet article, il a dû se passer quelques jours quand même) que j’écris sur la conclusion du run de Geoff Johns, mais aussi celle des autres séries qui l’accompagne depuis 21 numéros: Red Lantern, Green Lantern Corps et New Guardians. Garanti sans trop de spoiler, même s’il faudra quand même aborder certains aspects du scénario.

Nous sommes donc en plein arc « La colère du Premier Lantern« , où Volthoom s’occupe encore et toujours de nos valeureux Lanterns en trifouillant leurs esprits pour se nourrir littéralement de leurs émotions et souhaite même passer à la phase finale de son plan en éliminant les Gardiens pour définitivement avoir le pouvoir. Grosso modo. Ouais, c’est toujours aussi basique malgré les fondements du scénario censés nous expliquer qui est ce fameux premier Lantern et pourquoi il en veux tant aux gardiens. Pour la petite parenthèse, revenons 2 minutes sur l’arc en question, sa qualité jusque là et ce qui cloche; avant le grand final.

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En soit, « La colère du Premier Lantern » n’était pas extraordinaire. Pas mauvais, loin du poussif « La Troisième Armée« , mais avec du recul, je reconnais que… ça ne racontait pas grand chose. Volthoom, le fameux premier Lantern, a une histoire finalement assez plate, guère palpitante et on a du mal à comprendre convenablement ses intentions, ses origines et dans le meilleur des cas, ça ne nous parait pas très inspiré. La vengeance est un plat qui se mange tout de suite, comme le disait un grand philosophe de la galère. Ouais, voilà le problème, même en prenant compte le fait qu’on parle de comics mainstream de super-héros: ce n’est qu’une histoire de vengeance, d’un grand méchant pas content qui cherche à faire du mal aux gentils qui n’ont rien demandé… En plus, on dirait presque de Geoff Johns est conscient que son idée n’a finalement pas beaucoup de potentiel et a au moins le mérite de conclure ça rapidement en 4 numéros… Si on prend uniquement pour compte la série Green Lantern, la seule qui raconte l’histoire de Volthoom, les autres n’étant que du bonus souvent inutiles, du « tie-in » comme disent les jeunes.

Côté des séries parallèles de l’univers de GL justement, l’affiliation avec l’arc était donc obligatoire, mais comme souvent dans ces cas là, ça force les scénaristes à faire du remplissage comme ils peuvent, de la façon la plus inspirée possible. Globalement, j’avais bien aimé les interventions de Volthoom sur les différentes séries, lorsqu’il montre à certains personnages des futurs alternatifs s’ils avaient agis différemment à des moments clés de leur vie. De l’effet papillon, des minis « What If », concept cher aux comics, assez sympathique à la fois pour ce qu’ils proposaient (Le passage avec Atrocitus et ce qu’il serait devenu si Ryut n’avait pas été ravagé par les Traqueurs) et pour l’aspect « rappel des faits » pour certains personnages, pour en (re)découvrir plus sur certains personnages (Le passé de Guy Gardner, Kyle qui retrouve temporairement sa copine… décédée dans la réalité etc.). Hélas, d’un côté, malgré la sympathie que j’ai pour ce concept, on en venait quand même à se demander quand est-ce que ça allait enfin avancer, que cette histoire faible au possible aller se boucler, qu’on passe à autre chose. Et même sur les #19 de ces 3 séries, le remplissage n’était même plus subtil pour un sous, avec des chapitres qui ne racontaient littéralement rien, en faisant un surplace effarant.

Heureusement, la suite rattrape bien les choses, la délivrance est proche.

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Green Lantern #20 était fantastique. Encore heureux pour la principale série de l’univers GL, mais l’attente en valait tellement la peine ! Geoff Johns a fait un travail formidable pour conclure comme il se doit sa saga, son travail entier sur cette licence qu’on pensait presque maudite avant 2004. Justifié scénaristiquement, le chapitre, de 60 pages tout de même (!), reviens quelque peu subtilement sur la décennie du scénariste par une sorte de résumé de ce qui est arrivé à nos héros depuis 2004, et traite à la fois du présent d’Hal Jordan, de son affrontement final contre Volthoom et même… de son futur, son avenir, ainsi que celui de tout l’univers Green Lantern. Geoff Johns offre une vraie conclusion à son histoire, à son travail, voir même à la série Green Lantern en elle même, purement et simplement. C’est bien simple: Si on oublie quelques minutes le fait qu’on parle d’une série issue de DC Comics dans un gigantesque univers partagé tournant à 52 séries par mois; ce chapitre ferait un ultime et parfait épisode de fin sur une série totalement indépendante, genre si l’univers du Green Lantern avait été une propriété de Geoff Johns. On a eu un début en 2004 parfois difficile qui prenait racine dans les restes un peu moisis de la continuité de l’époque mais Johns avait su relever le défi d’en faire quelques choses à la hauteur du potentiel de la licence et s’en tire donc au final admirablement bien, en puisant dans ce qu’il a mis en place durant toutes ces années pour former quelque chose de cohérent, de bien construit jusqu’au bout.

D’un côté on a un affrontement final – certes facile dans sa construction mais – tellement épique comme se doit d’être l’univers du Green Lantern, avec des dialogues percutants et une action démesurée comme je l’ai toujours aimé, celle qui m’a convaincu que je lisais le meilleur du mainstream de super-slip. Oui, il y a parfois du bon gros fan-service, avec des come-backs improbables, des transformations complètement craquées et jouissives, des couleurs dans tous les sens, et… alors ? Quitte à faire un scénario assez faible basé sur l’opposition éternelle entre un grand méchant et une troupe de gentil, autant y aller à fond et offrir un spectacle dantesque – mais pas stupide pour autant – c’est la meilleure récompense qu’on peut offrir aux lecteurs de longue date. D’autant qu’on retrouve pour l’occasion la plupart des dessinateurs ayant officié sur le titre depuis ses débuts et c’est donc un véritable bonheur pour les yeux, avec une qualité constante malgré les changements réguliers d’artistes en cours de route, avec des doubles pages tellement démentielles que j’ai presque envie d’en faire de bons gros posters encadrés dans mon appart’. Si un jour vous venez chez moi, j’espère que vous ne serez pas allergiques au vert.

Puis de l’autre côté, on a toute cette partie « conclusion pure », avec un dialogue final entre Hal Jordan et Sinestro qui sonne terriblement juste – au point de m’en faire presque verser une petite larme parce qu’on sent vraiment toute la sincérité de ce dernier envers cet ami/ennemi de toujours concernant leur relation – et ce qui va servir d’épilogue avec deux personnages d’une époque inconnue qui discutent entre eux à propos… de l’histoire d’Hal Jordan, le plus grand Green Lantern du Corps. S’en suit alors sur un résumé de ce que sont devenus nos principaux héros au fils du temps, comment ils ont vieilli, endossé leurs responsabilités avec l’âge. Un gros happy end, encore une fois peut être trop facile pour certains, mais qui fait vraiment du bien après toutes ces années d’emmerdes qu’a connu le Corps. Laissons les souffler bon sang ! C’est simple, bien tourné, drôle, émouvant à la fois, c’était la conclusion rêvée qu’on aimerait bien voir plus souvent dans les comics… ce qui est toujours délicat à mettre en place vu le format, j’en conviens; d’autant plus que c’est seulement la vision de Johns, et n’aura sans doute aucun incidence sur la suite de chaque série GL sur le long terme. Mais c’est très bien comme ça, et accentue davantage le côté « grand final et après, je replie bagage ».

Pour le reste… Green Lantern Corps #20 était bon aussi. En fait, de manière générale, les autres séries ne sont pas des ties-in à la bataille finale contre Volthoom que l’on voit dans le GL#20 (genre la même scène mais vu sous un autre angle), mais sont leurs propres épilogues respectifs (Donc se passant juste après tout ça), histoire d’éventuellement boucler certaines intrigues aperçues auparavant. Bah ouais, puisque que dès le numéro 21 de chaque série, toutes les équipes créatives changent dès le numéro suivant, afin de relancer à nouveau la machine. GLC se focalise donc principalement (A 2 pages près) sur Guy Gardner – un de mes favoris ! – de retour sur Terre pour revoir un peu sa famille et passer un peu de temps avec eux. C’est aussi drôle et léger, on sent une continuité dans cet aspect « Happy end », avec un héros qui peut enfin souffler, sourire, rigoler avec ses proches, malgré une conclusion qui le ramènera forcément dans le chemin qu’on lui connaît.

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Même esprit pour New Guardians #20, qui se focalise sur Kyle et son retour (lui aussi) sur Terre, le temps de réfléchir à ce qu’il a vécu ces derniers temps, notamment certains évènements avec Volthoom (Son père), prise de conscience à la clé. Bon, comme toujours, on a du mal à comprendre l’intérêt d’avoir transformé Kyle en White Lantern (un pouvoir sans doute trop puissant pour l’univers DC mais du coup, pas franchement bien exploité) si ce n’est que c’est sympa de voir du blanc dans un univers très vert (bah ouais) mais là encore, la conclusion apportée est des plus satisfaisantes, gardant ce ton léger, une ambiance calme et détendue notamment lors de sa discussion avec Saint Walker pour faire le point, avant une note finale pleine d’espoir (Logique !) pour un héros qui a longtemps morflé lui aussi. Une série qui a parfois eu ses bas, mais dont je garderai un vrai bon souvenir, rien que pour Kyle que j’apprécie pas mal aussi.

Par contre, j’ai toujours du mal avec Red Lantern #20, la série la plus faible des 4. Le scénario a du mal à convaincre, passionner avec (entre autre) des personnages pas toujours très intéressants, limite trop émo par moment avec leurs problèmes existentiels (Malgré, évidemment, le thème de la « colère » imposé par le concept): si j’apprécie de suivre l’évolution du personnage d’Atrocitus, parce qu’il est classe et en impose en leader des Red Lanterns, je suis toujours aussi insensible au charme de Rankorr, le récent Red Lantern humain, dont le charisme d’huitre me fait toujours demander pourquoi on a eu un tel personnage. Chaque jour, j’espère secrètement qu’il dégagera, ou qu’il changera au moins de look pour ressembler à Razer, l’excellent personnage introduit dans la série Green Lantern The Animated Series. Bon, plus sérieusement (quoique), il y a toujours quelques petites choses sympa à en tirer (Ce n’est pas foncièrement mauvais, les intentions sont là), mais c’est une série qui a du mal à décoller depuis le début, donc ça ne m’étonne pas, malgré un dessin plutôt top dans son genre. La seule vraie ombre au tableau, fatalement.

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Finalement, la question que je me pose, avec cette conclusion géniale par Johns et plutôt pas mal/suffisante pour le reste, c’est…. est-ce que je continue ? Ca peut sembler un peu radicale, mais, malgré les faiblesses de certaines séries par moment, des crossovers imposés qui font baisser la qualité, on a eu une vraie fin avec la série principale et à côté, des séries qui faisaient en sorte de garder une certaine cohérence entre elles, à s’entrecroiser de façon un minimum logique, sans trop être parasité par le reste de l’univers DC en bonus.

Nul doute que la suite suivra cette même logique dans les grandes lignes (encore heureux) mais sans Johns, ça ne sera définitivement plus pareil… Pas parfait, mais il avait son « style » bien à lui pour diriger tout un univers, et j’ai peur de ne pas retrouver ça ensuite. Mais gardons espoir, Johns aura au moins le mérite de laisser une excellente base pour les scénaristes suivants, ça devrait les motiver à donner le meilleur d’eux-mêmes.

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