Le Tout Nouveau Guide Pour All-New Marvel NOW! – Sixième Partie : Mars, enfin

Je pensais en avoir fini avec le guide des nouveautés que Marvel a annoncé pour début 2014, et je m’étais gardé la tâche ingrate de vous résumer les épisodes précédents des séries qui seront relancées en Mars pour la fin. Manque de pot, le temps a passé et les bouquins d’avril ont été annoncés, ce qui veut dire que vous devrez subir un article de plus avant d’être débarrassés de moi -pour le moment, petit sacripants, je reviendrai plus fort et plus insupportable encore avant que vous ayez le temps de dire « ouf-.

Bref, assez perdu de temps, finissons-en avec le mois de Mars, et passons enfin à autre chose, pour votre santé mentale comme pour la mienne.

Captain Marvel

Les choses avaient plutôt mal commencé lorsque Carol Danvers a pris le nom de Captain Marvel. Déjà, il y a eu les idiots qui n’ont pas apprécié son nouveau look et ses cheveux courts pourtant du meilleur effet. Ensuite, pour essuyer les plâtres, Kelly Sue DeConnick a tenté la figure très casse-gueule de l’histoire à base de voyages dans le temps. Et du coup, le bouquin s’est bien pété la tronche question ventes. Cela aurait pu signer l’arrêt de mort de la série, mais, une fois de plus, l’internet s’en est mêlé.

En effet, et vous pouvez facilement le constater en lisant les épisodes précédents de ce guide, ou même de ce blog, ou bien même en sortant dehors une fois dans votre vie espèce de misérable cloporte, il n’y a pas des masses de personnages féminins populaires dans les comics mainstream de super-héros. Du coup, des milliers de gens sur les réseaux sociaux se sont réunis sous la bannière du « Carol Corps » et ont fait beaucoup de bruit pour signaler que ce bouquin était cool, sympa, et peut-être même un peu nécessaire pour briser la monotonie des héros machos.

Résultat : non seulement le bouquin a survécu, mais il a même obtenu une deuxième chance de convaincre avec un tout nouveau numéro un qui arrivera en Mars. Et pour aider les bloggeurs et les curieux, le titre a carrément fait table rase du passé. Carol Danvers est amnésique, et elle va devoir ré-apprendre à être Captain Marvel, et pour cela elle va aller dans l’espace taper des méchants et balancer des grosses boules d’énergie parce que c’est ce que les gens cool font quand ils peuvent balancer de l’énergie par leurs mains.

Sur le plan créatif, c’est toujours Kelly Sue qui est en charge de l’écriture, et à moins que les choses aient changé depuis le volume précédent, on retrouvera toujours une écriture drôle, soignée et un peu badass, avec tout plein d’aventures cosmiques pour ajouter la traditionnelle cerise sur le traditionnel gâteau. Au dessin, on retrouve David Lopez, qui s’est récemment illustré sur X-Men avec Brian Wood, et qui est exactement le type qu’il faut pour dessiner des nanas qui font de la baston de manière cool et décontractée. Et il va dessiner Rocket Raccoon.

Daredevil

Le run de Mark Waid sur Daredevil, lorsqu’il a commencé en 2011, était une bouffée d’air frais pour les fans de l’acrobate aveugle. Enfin, Matt Murdock s’était remis à sourire et à vivre de joyeuses aventures à travers New York. Et puis il y avait Marcos Martin, et, on aura beau dire et on aura beau faire, quoi qu’il arrive, ça reste très difficile de passer après ça, même lorsque l’on est le très talentueux Chris Samnee.

Et puis, et c’est la partie de cet article où je balance une opinion que je sais impopulaire mais dont je dois faire part parce que c’est la mienne, le titre a commencé à patauger dans la semoule. Certes, il y avait toujours la bonne humeur et les bonnes idées, mais le titre s’est paumé en insupportables longueurs à partir du cross-over avec Spider-Man et le Punisher, et il ne s’est jamais vraiment arrêté d’être un peu chiant depuis.

Et c’est ainsi, qu’après un autre arc légèrement trop long dans lequel Daredevil a combattu les Fils du Serpent, Matt et toute sa clique se retrouvent forcés de déménager à l’autre bout du pays, quittant New York et ses rues pleines de saleté pour la riante cité de San Francisco. Et oui, tel Superman dans l’immonde run de JMS, il traversera le pays à pied, rencontrera des gens et vivra des aventures, mais ces réjouissances sont réservées à un comic digital chargé de faire la liaison entre les deux volumes en papier.

Et justement, pour ce nouveau volume, Waid et Samnee laissent leur place à… Waid et Samnee. Non, il n’y a pas de changements significatifs à part le numéro devant, et cela me permet de faire ces quelques observations. Le nouveau Daredevil sera forcément meilleur que la plupart des comics. Maintenant, est-ce qu’il sera bon ? Est-ce qu’un déménagement, même dans les circonstances dans lesquelles il a eu lieu, peut remettre la magie des débuts dans un bouquin qui aurait besoin d’un peu de magie ? Pas certain. Mais je suis totalement prêt à tenter le coup.

Wolverine and the X-Men

Lancé après le grand Schisme de 2011, Wolverine and the X-Men était le retour en grande pompe du Fun dans l’univers des X-Men, avec des gamins et des aventures drolatiques. Mais c’est les X-Men. Du coup, il était évident que ça n’allait pas durer, et, évidemment, ça n’a pas duré. Le bouquin s’est retrouvé empêtré dans Avengers Vs. X-Men, et ça lui a coûté son feu sacré. Entre un très moyen remix de Claremont et une confrontation avec la pire version du Hellfire Club jamais inventée, Jason Aaron et ses collaborateurs ont fini par faire un bouquin assez médiocre avec des personnages qui méritaient mieux.

Alors, pour restaurer le Fun, le bouquin va changer de mains. C’est Jason Latour, un type aux talents multiples -il a réussi à prendre la suite de Brubaker sur son bébé Winter Soldier- et accessoirement bon copain de Jason Aaron qui va reprendre la boutique en main, accompagné par Mahmud Asrar, révélé sur Supergirl chez DC, et qui est plutôt bon pour dessiner les ados face à leurs problèmes complexes sur lesquels ils doivent taper.

Là, normalement, je devais tenter de prédire l’avenir en vous faisant le pitch des choses qui vont venir. Seulement, j’ai pris du retard, les choses se sont compliquées, et le bouquin est sorti mercredi dernier. C’est un problème. Mais du coup, je peux vous parler de choses concrètes. C’est une bonne nouvelle.

La mauvaise nouvelle, c’est que le bouquin n’est pas franchement super. Retrouver les joyeux drilles qui étudient à Westchester aurait dû être une joie, mais premier problème : Latour se plante sur quasiment toute la ligne dans la voix qu’il donne à ses personnages. Ne sachant pas quoi faire de tous ces personnages, il décide de revenir à des caractérisations dépassées et surannées. Oubliez l’enquiquinant Quentin Quire, qui lentement mais sûrement devenait l’adulte responsable contre lequel il se serait rebellé. Le voici redevenu l’ado paumé qui passe plus de temps à se plaindre qu’à faire quoi que ce soit. Ce n’est pas forcément le pire exemple du bouquin, qui contient également une impardonnable page où Fantomex ressent de la culpabilité, notez.

Mais c’est un exemple assez révélateur des erreurs que commet le scénario de Latour à tous les niveaux. Qui voulait en 2014 lire une autre histoire dans laquelle les X-Men vivent sous la menace du Phoenix ? Avait-on vraiment besoin de remettre sur la table l’idée qu’Evan pouvait devenir le prochain Apocalypse, alors que l’affaire a été réglée durant le dernier arc du Uncanny X-Force de Rick Remender ? Les réponses à ces questions devraient être deux « non », fermes et définitifs, nous permettant de passer à autre chose. Hélas, ce n’est pas le cas ici.

Heureusement, Asrar, accompagné aux couleurs de Israel Silva, fait de ce premier numéro quelque chose d’agréable à regarder. Par l’addition de quelques petits détails biens vus, il donne aux personnages un peu de personnalité. Pas assez pour compenser les manquements du script, que cela soit bien clair, mais assez pour qu’on y décèle une démarche respectable.

Du coup, c’est assez difficile à recommander.

LA PROCHAINE FOIS : On boucle le guide en parlant de tous les titres du mois d’Avril. Tous. TOUS. On y fera du recyclage, on verra des caméléons, on se moquera des vieux, et, on célébrera notre hargne.

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Arez

Arez est le meilleur au monde dans ce qu'il fait, et ce qu'il fait consiste à lire des illustrés et à pleurer tout seul dans sa chambre. Mais il est plutôt gentil.

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