[Marvel NOW !] Iron Man T.1 – Faux départ

Quand je lis des critiques sur le run de Fraction sur Invincible Iron Man, j’ai un peu l’impression d’être un extraterrestre à y trouver pas mal de qualité et à l’avoir même franchement pas mal apprécié, Larocca inclus. L’aspect très cinématographique de certains arcs (le début de ce run fait parfois limite l’impression de lire un story-board de film… sans les mauvais côtés donc, ça change des autres comics mainstream), le scénario qui lorgne vers le techno-thriller à la sauce Marvel et un Larocca globalement très efficace, ça me plaisait bien. Mais pour ce dernier, je m’étais déjà expliqué autre part.

L’après Fraction, le Marvel Now !, le reboot mais pas trop de l’univers Marvel avec un grand jeu de chaises musicales où on change du tout au tout les équipes créatives de chaque série (quand elles ne disparaissent simplement pas) afin de réaliser un nouveau départ groupé, avec du sang neuf. Pour Iron Man, c’est donc au tour de Kieron Gillen (Scénario) et Greg Land (Dessin) de prendre la relève. Ici, on parlera du premier arc, paru ce mois-ci en version Librairie chez Panini.

Et non, c’est pas terrible pour le moment.

D’un côté, le scénario. Basiquement, c’est l‘histoire de Tony Stark qui découvre que – merci les films – le virus Extremis se balade toujours dans la nature alors qu’il pensait s’en être débarrassé. En petite quantité parce que faut pas déconner et qu’il faut quand même trouver les bonnes personnes capables de supporter Extremis, mais il y en a suffisamment pour mettre en alerte Iron Man. Et hop, c’est parti pour une petite quête d’Extremis façon (presque) Dragon Ball à travers le monde. Et Dieu que ça ne passionne pas.

Ça aurait pu être un bon arc. Un truc tout simple, mais histoire de se mettre tranquillou en bouche pour le gros à venir (Le passage chez les Gardiens de la Galaxie). Malheureusement, c’est un peu plus compliqué que ça. C’est un peu la somme de petites choses qui rendent le tout pas bien palpitant : Si on comprend bien les grandes lignes du scénario (Qu’il soit « simple » n’est jamais un problème déjà), on a de suite plus de mal avec tous les personnages ou certaines références qu’on nous balance sans trop d’explication. On pourra aussi rester un peu perplexe devant certains dialogues (Même si dans les grandes lignes aussi, on retrouve le Tony Stark tel qu’on le connaît maintenant, à savoir playboy milliardaire ; mais en plus insupportable que jamais) ou l’enchaînement de certaines situations, où l’on n’arrive toujours pas à savoir où ça veut concrètement en venir (Les catacombes parisiennes, les armures « du Graal »; c’est quoi ce délire ?). Ca fait très « patchwork d’idées »au final, mais un peu indigeste. Moui.

En plus, il y a un autre problème pour moi, lecteur d’Invincible Iron Man juste avant (Mais dont je sais que c’est plus un reproche subjectif qu’autre chose). Je ne suis pas accro à la continuité et quand certaines nouvelles séries font fît de ce qu’il s’est passé avant, ça m’arrange pas mal, car je me dis que cette fois-ci, je vais comprendre quelque chose. Là, ce qui me dérange, c’est que Fraction, sur Invincible Iron Man, avait quand même préparé un peu le terrain pour son successeur, avec une conclusion de son run sur lequel Tony Stark souhaitait prendre un peu de distance avec toutes les emmerdes qu’il venait de vivre en faisant un tour… dans l’espace. Donc lien parfait avec les GotG, tout ça. On aurait pu imaginer que le premier arc de cette nouvelle série raconte sa préparation à son petit voyage dans l’espace et y voir ses premiers pas dans un milieu qu’il ne connait pas tant que ça. Un vrai point de départ pour le lecteur, un nouveau pour la vie de Tony, que fallait-il de plus ?

Là, ça donne l’impression de Gillen a fait du bête remplissage, presque un filler comme on dit dans le milieu en attendant la fin de son arc où – petit spoiler, mais nécessaire pour comprendre le problème – Tony se dit enfin que ça serait cool de partir dans l’espace. Un arc pour en revenir au statu quo de la fin du run précédent ? Plait-il ? C’est probablement ça qui explique cet aspect bouche trou et finalement assez peu engageant avec un scénario qui ne semble pas avoir trop d’importance (même si on imagine bien certains personnages revenir plus tard) et n’étant pas trop inspiré. Gillen n’était-il pas paré au décollage ?

D’autant qu’à coté, il y a… Greg Land. Je l’ai toujours dis, et je maintiens autant que possible : Greg Land n’est pas un mauvais dessinateur. Ou alors, je veux bien être mauvais comme lui et me prendre certaines remarques, au moins je saurais faire quelque chose d’anatomiquement correct, ce qui m’arrangerait pas mal vu mon niveau. Mais c’est vrai qu’il a… un style assez particulier. Quand il dessine des gens avec un masque, une armure ou je ne sais quoi sur la tronche, ça passe bien, ça a de la gueule et la colo qui l’accompagne rend toujours très bien et accentue l’aspect « solide » de sa technique. Il est au-dessus d’une bonne partie de la production. Mais c’est vrai… qu’il y a ses visages. Là encore, ce n’est pas moche à proprement parler.

Juste que ces personnages tirent des tronches pas possibles avec des sourires dents blanches presque flippants et surtout, concernant les personnages féminins, elles ont :

1) la fâcheuse tendance à toutes se ressembler avec les mêmes expressions, les mêmes poses ; bref, une impression de redite toutes les 2 pages.

2) La fameuse « porn face » qu’on reproche tant à Greg Land, où ses personnages semblent avoir une «  tonne de maquillages » sur le visage tout en étant (involontairement mais quand même) vulgaire.

… Et c’est vrai que c’est parfois dérangeant. On ne touche pas à Pepper, pas avec une tête comme ça bon sang ! Et c’est triste, parce que c’est vrai. S’en rend-t-il compte ? Prend-t-il en compte les remarques qu’on peut lire un peu partout sur son style ? Toujours est-il que dans les faits, ce n’est pas fondamentalement désagréable à regarder (Puis j’aime bien les nouveaux designs des certaines armures de Tony, mon côté mechasexuel qui ressort), mais , pour être honnête, Salvador Larocca me manque un peu. Son style collait bien mieux à l’univers volontairement froid et numérique d’Iron Man. Peut-être qu’avec le temps, ça passera mieux. A partir du moment que ses personnages ont le visage recouvert, ça devrait aller. Quoique, niveau dynamisme, on repassera aussi.

J’aurais du mal à le conseiller pour débuter. J’ai l’impression d’avoir lu quelque chose qui ne savait pas trop où aller, qui bouchait un peu les trous en attendant la suite des événements tout en n’étant pas si accessible que ça. Et je ne suis pas sûr que le style de Greg Land convaincra tout le monde. Tout n’est pas à jeter dans l’absolu, l’ensemble prendra peut-être forme avec le temps mais ça donne pas franchement envie…

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Batman, c'est un peu mon Avengers préféré.

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