NE LISEZ PAS CET ARTICLE ! IL EN VA DE VOTRE VIE ! (PPC Volume 3 #1)

Ça fait un moment qu’on ne s’est pas vu. C’est vrai. Je suis désolé. Ça va ? Contrairement à moi, vous n’avez pas l’air d’avoir trop changé. Tant mieux. Vous avez peut-être encore une chance. ARRÊTEZ DE LIRE CET ARTICLE IMMÉDIATEMENT.

J’ai un tas de comics sur mon bureau. Des trucs qui viennent de sortir, en VO, trouvables dans des boutiques spécialisées ou sur comixology.fr. Et je les lis. Et à une époque, j’écrivais mon avis sur ces comics dans une chronique hebdomadaire sur mon site. Et puis il m’est arrivé une chose. Puis une autre. Et j’ai arrêté d’écrire, tout en jurant qu’un jour je reprendrai, tout en pensant que ce jour ne viendrait jamais. Et puis des événements étranges ont commencé à arriver. ILS ARRIVENT. Et puis j’ai décidé de reprendre le clavier, au moins pour vous parler de ça, et peut-être aussi des autres choses que j’ai lu et apprécié. Vous voulez voir ce que ça donne ? Fermez les yeux et dites le mot magique.

Poum Poum.

TheMultiversity1

Ça a commencé après que j’ai lu The Multiversity #1, de Grant Morrison, Joe Prado, Ivan Reis et Nei Ruffino. A la surface, c’est le premier chapitre de la mini-série événementielle de DC, qui arrive après plusieurs années d’attente. D’abord prévue en 2010 dans un univers pré-Flashpoint, elle a été repoussée à 2012, puis à 2013, puis à maintenant. Et, toujours à la surface, plastiquement parlant, c’est le premier chapitre de n’importe quel event de DC en 2014, sans doute à cause du fait que Reis et Prado sont respectivement dessinateur et encreur du mastodonte Justice League sous la direction de Geoff Johns. Je ne crois pas que ce soit un choix anodin. C’EST UN PIÈGE.

Reprenant plus ou mons là où Final Crisis s’était arrêté, Multiversity #1 commence avec le retour de Nix Uotan, dernier des Moniteurs et Superjuge du Multivers. (Là, je sens que je vais commencer à perdre pas mal d’entre vous.) Appelé par le SOS d’un Terrien parallèle en détresse, il va se retrouver face à une organisation aussi ancienne que dangereuse qui ne peut être combattue qu’avec la force combinée de tous les plus grands héros des 52 univers de DC, ce qui va donner à Morrison l’occasion de balancer tout un tas de Grands Concepts pour le plus grand plaisir de ses disciples, et vu que j’en fais partie, je me suis un peu régalé.

Mais même sans avoir suivi tous les délires du monsieur depuis Seven Soldiers of Victory -alors que vous auriez dû parce que c’est une excellente série-, il y a certaines choses qui pourront accrocher même le profane. Pendant que je me réjouis de revoir Calvin Ellis, président des Etats-Unis et Superman de la Terre-23, vu pour la dernière fois dans Action Comics #9, parce que vous n’avez pas encore assez de lectures à rattraper, vous pouvez prendre plaisir à découvrir la Terre-8, avec ses héros torturés qui ont un penchant pour la revanche (CLIN D’ŒIL APPUYÉ). J’ai parlé de Grand Concepts plus haut, et c’est l’essence de Multiversity #1, un Grand Comic, qui prend une vieille idée -le Multivers de DC est né en 1961 dans une histoire de Flash-, et qui la recontextualise de manière épique afin de l’actualiser pour 2014.

J’ai adoré, donc, mais il s’est passé un truc. Ça n’était que l’affaire d’un moment, mais ils sont entrés. Ils sont dans notre monde. La réalité est en danger. Je crois que c’est de ma faute. Ne faites pas la même erreur que moi.

Si, comme je le crois, le multivers est foutu, qui pourrait le sauver ? Certainement les Illuminati, si j’en crois New Avengers #23, de Jonathan Hickman, Frank Martin et Kev Walker. La série continue dans l’excellente lancée des numéros précédents, en se concentrant sur ce qui a fait tout son sel : la lente érosion d’hommes brisés face à une situation impossible. Après avoir traversé le Rubicon dans le numéro #21 et après en avoir payé le prix dans le numéro #22, les héros qui n’en sont plus vraiment doivent affronter le fait que le coût de leurs actions est trop gros et qu’ils ne peuvent pas le payer. Hors de ces tournures de phrases surannées, ça veut dire que, incapables de détruire une planète et ses habitants pour sauver la leur, Iron Man, Monsieur Fantastique et les autres doivent se faire à l’idée que toutes les choses, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, ont une fin.

C’est toujours compliqué de parler des illustrations d’un titre de Marvel qui sort aussi régulièrement, vu qu’ils changent de dessinateurs plus ou moins tout les quatre matins. Kev Walker, révélé par le désolant Avengers Arena, est exactement le genre d’artiste au trait très expressif dont un numéro centré sur la façon dont des hommes sachant leur fin proche gèrent leurs derniers moments avait besoin, et lorsque vient le moment de se plier à l’un des leitmotivs visuels de la série, il s’exécute avec toute la force qui lui est dûe.

Maintenant, voilà : il y a un New Avengers #24 qui va sortir, et même un #25, donc bon, il est un peu couru d’avance que non, la Terre n’explose pas, n’en déplaise à tous les wannabe Kirsten Dunst. Hickman explique comment, et je ne relaierai pas cette explication, parce qu’il me paraît important que vous la découvriez pour vous même, telle la fin d’un roman d’Agatha Christie, mais avec une planète et inversée vu qu’on parle de sauver quelque chose.

Mais puisqu’on parlait de meurtres, de mystères et d’enquêtes, restons sur cette thématique avec The Wicked & The Divine #3. Et là, déjà, j’entends de la part d’une poignée de gens qui pensent s’y connaître deux questions, auxquelles je me sens obligé de répondre immédiatement.

Premièrement : non, je n’ai pas utilisé cette sublime transition pour parler de The Fade Out #1, le nouveau Brubaker et Philips. Pourquoi ? D’abord parce qu’il est bon de vous rappeler que c’est mon article et que je fais ce que je veux, et ensuite parce que qu’est-ce que vous voudriez que j’écrive au sujet de ce bouquin ? C’est un excellent polar néo-noir de plus, par une équipe dont c’est devenu la spécialité. Celui-ci se passe dans le Hollywoodland de la fin des années 40, avec tout ce que ça implique de starlettes, de studios corrompus, et de rêves brisés.

On pourrait se plaindre que tout ce premier numéro est atrocement conventionnel, qu’on est un peu dans du cliché vu et revu plusieurs centaines de fois. Mais deux choses viennent à interrompre cette pensée plutôt négative. Primo, c’est très joli. C’est même probablement Philips à son meilleur, et même la version digitale est un plaisir à regarder. Deuxio, le livre est très bon à établir une sorte de crédibilité tout à fait immédiate. On sent qu’il y a eu des montagnes de recherches derrière tout ça, mais jamais ça ne laisse l’impression de lire une fiche Wikipedia illustrée, contrairement à tiens, un exemple au hasard, le premier numéro de Satellite Sam.

C’est un excellent titre, mais, j’ai pas grand chose à dire dessus.

Oups.

Deuxièmement, parce que au départ j’avais un autre plan, oui, The Wicked & The Divine est une enquête. Il y a un meurtre, et il y a des suspects qui se font interroger, des indices et des alibis. Egalement, presque accessoirement, c’est une exploration de la pop dans son expression quasi-religieuse. Cette fois-ci, on descend six pieds sous terre pour retrouver Morrigan et Baphomet, pris dans un duel de qui sera le plus goth de tous les goth, parce que Kieron Gillen l’a voulu ainsi. Evidemment, il y a des complications, et c’est l’occasion pour Jamie McKelvie de faire ce qu’il sait faire de mieux, et de balancer quelques trouvailles visuelles de son cru pour illustrer la bataille supernaturelle qui a lieu sous les yeux de Laura, le tout sublimement coloré par Matthew Wilson, qui donne tout son « pop » à la pop-métaphore, qui explose dans tous les sens, qui est grande, qui est monumentale, mais qui touche tout un tas de petits humains. C’est magique. C’est magnifique. C’est la pop, quoi.

En tout cas, c’est le genre de comic que Teen Titans #2, de Wil Pfeifer, Kenneth Rocafort et Dan Brown, voudrait être. Des ados à la fois super-héros et icônes pop, qui veulent à la fois faire le bien et se sentir bien, et qui vont se donner les moyens de faire les deux en énervant tous les adultes qui se trouvent sur leur chemin. Le premier volume de Teen Titans version New 52 était plutôt confus, et Pfeifer profite de cette confusion pour construire un truc qui ne correspond pas vraiment à ce qu’on a vu avant, mais qui est assez bon pour qu’on lui pardonne l’offense.

Le vrai problème, c’est que ni ce numéro ni le précédent n’ont donné l’impression qu’il y a une idée directrice derrière ce volume. En gros, oui, les Titans combattent le mal comme des super-héros, et ils ont des personnalités distinctes qui interagissent entre elles, mais il manque une mission, il manque un sens. Okay, ils combattent des méchants robots, mais pourquoi ? Qu’est-ce le bouquin cherche à dire ou à faire avec ça ? L’introduction du grand méchant de cet arc, faite dans la dernière page de ce numéro 2, pourrait peut-être changer les choses, et c’est ce mince espoir qui me fait attendre le prochain numéro.

On va conclure la semaine avec Secret Avengers #7, parce que c’est un comic avec Deadpool, et que j’ai entendu dire que vous aimiez Deadpool. Sauf que c’est Secret Avengers, sauf que c’est Ales Kot, Michael Walsh et Matthew Wilson (oui, le même que plus haut, vous avez bien suivi, bravo), et que la série, aussi folle qu’elle en ait l’air, fonctionne selon une certaine méthode. En gros, son jeu, c’est la juxtaposition entre le rigolo et le sinistre. Par exemple : une bombe consciente capable de détruire la réalité : sinistre. La bombe s’appelle Vladimir et elle aime la crème glacée : rigolo. Le S.H.I.E.L.D. emploie M.O.D.O.K., le génie terroriste au service d’A.I.M. : sinistre. Sauf que c’est M.O.D.O.K., alors : rigolo.

De la même manière, ce numéro prend Deadpool (rigolo), et, arrive, à grands coups de massue dans le quatrième mur, à le ramener à quelque chose de sinistre. Si vous lisez Zero, et vous devriez lire Zero, vous savez qu’Ales Kot est tout à fait capable de taper dans la grande machination cosmique qui met en jeu rien de moins que la réalité telle que nous la connaissons. Depuis le début, derrière les aventures secrètes à base d’espionnage délirant, il y a une sinistre conspiration qui menace le S.H.I.E.L.D. et sa directrice Maria Hill. Par le biais de Deadpool, donc, mais aussi de Coulson, parti mener sa propre enquête, on en découvre un peu plus, mais, comme tout bon secret, pas assez pour tout comprendre. Mais bref : juxtaposition. Deadpool sur un cheval (rigolo); la fin du monde (sinistre). Et l’un des méchants s’appelle Derrida, et je suis juste assez prétentieux pour apprécier le détail.

Et là, je m’aperçois que je l’ai fait. POUM POUM COMICS. ON EST DE RETOUR.

VOUS AVEZ ENCORE UNE CHANCE ! FERMEZ CETTE FENÊTRE ! PRIEZ POUR QU’IL NE SOIT PAS TROP TARD ! ILS SONT DANS VOTRE TÊTE ! FAITES CE QUE JE VOUS DIS ! ÉTEIGNEZ VOTRE ORDINATEUR ! 

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Arez

Arez est le meilleur au monde dans ce qu'il fait, et ce qu'il fait consiste à lire des illustrés et à pleurer tout seul dans sa chambre. Mais il est plutôt gentil.

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