Harbinger T.1 – Impression de Déjà-Vu

Oh, attendez, il y a quelque chose d’autre que Marvel et DC, dans les comics ? Bon, okay, j’avais déjà parlé de Strangers in Paradise il y a quelques mois comme un de mes premiers contacts dans la branche indé, mais en dehors de ça, pas facile de voir autre chose que les deux grosses pontes dans le genre mainstream/super-héroïque à base d’univers partagé. Quelque chose d’aussi gros à côté de ses deux là, ça serait difficile de passer à côté. Et puis, j’ai découvert l’univers Valiant, existant pourtant depuis près de 30 ans. Bon, en fait, il y a une petite feinte.

Valiant, c’est une maison d’édition et, du coup, un univers partagé de comics de seconde zone apparu début 1990. Seconde zone, car soyons honnête deux secondes, personne dans cette univers de comics n’est connu de l’extérieur. J’imagine d’ici un certain succès, mais de niche, mais rien qui retienne l’attention du grand public, si ce n’est qu’à la mi-90, la société a été rachetée par Acclaim, et a remodelé un peu les séries qui la composait pour « mieux les adapter en jeux vidéo ». Au final, pas grand-chose n’a été adapté, mais vous connaissez sans doute les jeux Turok et Shadowman sorti dans cette même période. C’était donc eux derrière tout ça. Hélas, cet accord n’a pas duré, et en 2004, Acclaim perd les droits et l’univers Valiant est en hiatus.

Nous revoilà en 2012, et Valiant, de nouveau libre, retente une percé dans le monde du comics en rebootant tout son univers, avec de beaux numéros 1, et un vrai nouveau départ pour tous les lecteurs. Parmi ces nombreuses séries, on va parler d’une des plus réputés semble-t-il : Harbinger.

Peter Stanchek est un jeune homme de 18 ans sans grande histoire comme beaucoup d’autres. Enfin, en apparence. En vrai, c’est quelqu’un qui, depuis son enfance, a développé différents pouvoirs psychiques (manipulation mentale, télékinésie et autres variantes). Peter est un Activé. C’est-à-dire que dans le monde de Valiant, il existe 3 types d’humains : les « Ordinaires », comme vous et moi ; les « Latents », des gens avec des pouvoirs enfouies en eux, en « sommeil » et les « Activés », des gens avec des pouvoirs fonctionnels depuis leur naissance, les plus rares des trois.

Evidemment, sans surprise, être un Activé n’est pas spécialement bien vu. Peter est en fuite perpétuelle depuis quelques mois, avec son ami Joe, un junkie tout ce qu’il y a de plus… normal. Enfin, « ordinaire » dira-t-on. Poursuivi par le gouvernement par rapport aux pouvoirs qu’il possède, Peter passe donc son temps à fuir et à voler pour survivre, en espérant qu’on lui fichera bien la paix un jour ou l’autre. Puis un jour, il sera contacté par un autre Activé comme lui : Toyo Harada. Ce dernier est le patron – aux yeux du grand public – de la Harada Global Conglomerate, une très grosse société qui touche à pleins de domaine dans le monde entier, et qui œuvre pour le bien de tous. Déjà plutôt sympathique comme ça, ce Toyo gère aussi, « dans l’ombre », HARBINGER (On y vient), une sorte d’école/centre de formation pour les Latents et Activés, afin qu’ils acceptent leur statut et y développent tout leurs potentiels. Harada détecte justement en Peter un très gros potentiel, limite dangereux pour la population s’il n’est pas bien maîtrisé. Il cherchera donc à entrer en contact avec Peter pour le convaincre de les rejoindre.

… Ça vous dit quelque chose, résumé comme ça ? Comme moi, au fur et à mesure de la lecture, c’est bien évidemment X-men qui me vient à l’esprit. Ça y ressemble vraiment beaucoup, et c’est limite perturbant. Heureusement, le scénario est un peu plus malin que ça, jouant probablement avec cette ressemblance pour mieux y apporter sa petite touche perso au fil du récit. On y découvrira qu’Harbinger n’est pas tout à fait sans reproche, que tout n’est pas clair là-dedans et que Peter va vite s’en rendre compte, quitte à en subir les conséquences. Un X-Men avec un Charles Xavier un peu louche ? Après tout, pourquoi pas.

A ce niveau-là, ça m’a bien plu. C’est un gros tome introductif (peut-être un peu trop), plutôt nécessaire pour bien se familiariser avec cette branche de l’univers Valiant. Le récit est bien construit, on s’intéresse bien à l’histoire de Peter, de son point de vue sur tout ça, ses pouvoirs et ce qui l’entoure (où il ne fera pas forcément que des bons choix, il reste humain avant tout). Du coup, on en ressort plutôt satisfait, avec une bonne base pour visualiser la suite des évènements, l’orientation de la série. De plus, même s’il y a malgré tout un problème dans tout ça dont je reviendrais dessus plus bas, pas mal (mais pas « trop », ouf) de personnages ont été introduits et devraient permettre de développer pas mal de petites choses en parallèles. Jusque-là, ça va. Mais.

Basiquement, le souci que je rencontre est simple : ça manque quand même beaucoup de personnalité, un peu à tous les niveaux. Si l’orientation de l’histoire peut être intéressante, que je ne me suis jamais ennuyé tout le long, elle ne déborde pas non plus d’originalité (Tout comme la personnalité de Peter) en partant de bases archi connues, aux limites du plagiat. De plus, à côté de ça, tout ce beau monde manque de charisme, de tête dont on se souviendra ; ce qui est un peu gênant pour la suite de l’histoire. Que ça soit le héros, les gens qui l’entoure ou de ce qui semble être « le grand méchant », ils n‘ont pas un design très marquant – à contrario, j’oserai presque dire qu’ils sont « générique ». Mince, le mot est lâché.

Parce que oui, ce qui va de pair avec le design général, c’est bien le dessin. Pas moche pour autant, dans le fond « efficace » (Colorisation, dynamisme, qualité du trait), ça manque cruellement de ce petit je ne sais quoi qui le ferait se démarquer de la masse. Ça n’a rien d’éblouissant, ça fait juste son taff, ça donne une impression, ouaip, de générique. Et c’est bien là le principal reproche que je fais à cette ensemble : même sans se renseigner sur ce qu’est Valiant Comics à la base, on a quand même l’impression de lire du comics de seconde zone – qui tente de bien faire les choses quand même (et s’en sort pas trop mal) – que ça soit dans le dessin ou dans les intrigues et les personnages. Il y a même un léger parfum des nineties qui se dégage de tout ça, parfum logique quand on connait l’historique de la firme, mais un poil perturbant à la lecture.

J’attends évidemment de lire la suite pour confirmer cette impression un peu mitigée (C’est déjà pas mal d’avoir envie de lire la suite, non ?), mais je suis quelque peu déçu de ce premier contact avec Valiant. La base est quand même plutôt solide, mais ça doit encore s’affirmer dans les prochains numéros, à gagner en ambition et de se détacher de ses modèles rapidement. En attendant, je vais tenter (et je reviendrais probablement ici pour en parler) leurs autres séries, tels que X-O Manowar, Shadowman, Bloodshot et Archer & Armstrong. On ne peut pas leur reprocher d’essayer au moins.

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Batman, c'est un peu mon Avengers préféré.

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