Valiant Comics – Tomes 1 – Reviews abrégées

Au début, j’étais bien chaud pour faire une review ici même de chaque tome 1 de l’univers Valiant Comics après avoir faite celle d’Harbinger. J’avais commencé à taper quelque chose sur X-O Manower, tout en lisant en parallèle les autres tomes 1 de la firme, tel que Shadowman, Bloodshot et Archer & Armstrong. Et puis, après avoir lu tout ça, j’en venais à cette étrange conclusion : malgré les univers différents, tout ce beau monde a plus ou moins les mêmes qualités et défauts. Toujours cette introduction peut être trop introductive mais efficace de chaque concept de chez Valiant, toujours ce côté un peu kitch/de seconde zone pour certains et un manque de « ce petit je ne sais quoi » pour vraiment faire la différence. Du coup, on va plutôt passer avec une sorte de sélection du mois spéciale Valiant, afin de passer en revue tout ça sans trop se répéter.

X-O Manowar, donc. L’histoire, c’est celle d’Aric, un Wisigoth des années 400. Ouais, je m’attendais d’office à quelque chose de plus « contemporain ». Chef de son village, il résiste à l’envahisseur romain depuis toujours, jusqu’au jour où il va croiser une autre… menace. Les Vignes. Malgré le nom ridicule, les Vignes sont une race extraterrestre très très méchante. Par un concours de circonstance, Aric et quelques-uns de ses alliés se font embarquer par les Vignes dans un de leurs vaisseaux de guerre en gravitation autour de la terre, afin d’y servir d’esclave. Plusieurs années passent au sein de ce même vaisseau et Aric finira par trouver un moyen de s’enfuir, embarquant avec lui une étrange armure qu’on lui connaît, mais se retrouvera projeté… dans les années 2010. Rien que ça.

Ça s’annonce plutôt bien. Le pitch est plutôt sympathique, même si pas follement original non plus, mais j’avoue que ce pseudo mix de Captain America (pour le côté « Homme hors du temps ») et d’Iron Man (pour l’armure), me plaît plutôt bien, ça laisse les habituelles bonnes pistes potentielles autour de ce genre de concept (C’est pas tous les jours qu’on fait un bon de 1600 ans dans le temps, bonjour le décalage horaire). Le récit est bien rythmé, et met bien en place cette branche de l’univers Valiant (les Vignes, l’origine de l’armure), on a envie de suivre Aric dans son long voyage temporel qui risque de pas mal le chambouler.

Hélas, d’une part, le récit est trop court tel que construit dans ce premier recueil, laissant un petit sentiment de frustration car on aurait aimé quelques chapitres de plus (Seulement 4 chapitres) en attendant la suite. Du coup, ça décolle à peine que c’est déjà fini… Emballé ? Pas emballé ? Difficile à dire vu le peu de temps que j’ai eu le bouquin entre les mains pour me faire un avis vraiment concret. De l’autre, comme Harbinger mais en un peu plus prononcé, c’est quand même bien kitsh. Ce n’est pas forcément dérangeant à la lecture, ça ne « gâche » pas le récit, mais ouais, ça sent encore bon les années 90’. Entre le design des Vignes (de la SF générique) et celle de l’armure, ça laisse parfois perplexe, et on se demande comment on arrivera à vendre ça à son pote qui veut se mettre aux comics, tant que ça peut rebuter. D’autant que le dessin, loin d’être mauvais, n’est pas le plus sexy de tout Valiant, avec un dessinateur qui a tendance à faire souvent les mêmes poses, le tout avec un manque de détail évident.

 

Shadowman, lui, commençait encore mieux, mais laisse toujours ce sentiment qu’il manque un truc pour totalement convaincre.

Une histoire de shaman en Nouvelle Orléans, ce n’est pas si courant que ça en fait, donc là encore, gros potentiel. Et on peut dire que ouais, ça donne plutôt envie assez rapidement : le dessin, sans avoir une patte esthétique folle, est de grande qualité quand même. L’ensemble est visuellement moins kitsh que les autres productions, le contexte géographique offre de chouette décors et l’ambiance « Horreur/Vaudou » est bien présente et retranscrite. Le reste…

Ça démarre quand même vite et fort, on ne peut pas dire que ça manque d’action, de personnages intéressants ; on est rapidement dans le bain, on ne s’ennuie pas, ça intrigue. Mais à côté de ça, c’est… un peu bordélique ? Ouais, c’est le sentiment que j’ai eu à la fin de ma lecture. En soit, c’est accessible, ça se veut comme un point d’entrée (normal pour un reboot) avec l’histoire de Jack Boniface qui devient malgré lui le nouveau « Shadowman », une entité qui lutte contre les « forces du mal » du monde des morts… Mais : beaucoup, beaucoup d’informations nous arrivent à la figure très rapidement et on a un petit de mal à tout bien digérer du concept du Shadowman. Le parcours du héros, ses prédécesseurs, l’installation du fil rouge, des « méchants » ; c’est loin d’être inintéressant, mais le reste ne nous laisse pas beaucoup de temps pour respirer, à l’image du héros, complètement dépassé.

Et puis, pour chipoter, sans vouloir rentrer dans le débat, mais c’est vrai : Avec un tel contexte, avec le fait qu’on nous montre qu’un des précédents Shadowman dans l’histoire est noir, pourquoi a-t-on un blanc bec tout ce qu’il y a de plus générique comme « nouveau » héros ? Ça aurait été l’occasion, en plus de relancer une vieille série, d’instaurer des héros un peu plus « variés » que la moyenne. C’est d’ailleurs un des reproches que l’on peut faire aux héros de l’univers Valiant : la variété n’est pas beaucoup de mise. Mais là, je m’égare…

Puis il y a le titre un peu plus « léger » du lot, un peu plus porté sur l’humour. Vu le côté très serious business des autres à côté, je n’ai pas hésité longtemps à le tester lui aussi. Archer & Armstrong.

Archer n’est ni un agent de l’ISIS, ni un Servant protégeant une connasse de première ; mais un jeune adulte un peu paumé qui a eu la malchance de faire partie d’une obscure secte qui garde tous leurs enfants dans un grand parc d’attraction. Pourquoi pas. Dans quel but ? Pour les former à à peu près tout : combats, techniques d’espionnage et autre, avec un zeste de lavage de cerveau ; de quoi en faire de parfaits petits agents pour faire le sale boulot à travers le monde. On l’enverra alors chercher une personne dite « immortelle » et connaissant l’emplacement d’une machine lui ayant justement conféré cette immortalité. Cette personne, c’est Armstrong, un grand gaillard, qui passe son temps à picoler, draguer, et se bastonner.

Ancienne civilisation ayant une machine rendant immortel, Armstrong qui en devient un et ère sur notre planète depuis des milliers d’années en s’emmerdant royalement, le tout avec Archer qui fait partie d’une secte aux intentions internationales, je dois dire que le premier truc qui m’a un peu déconcerté, c’est bien son scénario. Pas une question de « bon » ou « mauvais », juste que… je ne m’attendais pas trop à ça. Je pensais à quelque chose de plus… terre à terre ? C’est vrai que c’est un brin tiré par les cheveux résumé comme ça, mais ça l’est totalement quand on le vit, et… ça ne m’a pas trop emballé. Enfin, on s’y fait, on finit par rentrer dedans, ça monte un peu en puissance au fils des pages, mais les débuts ne sont pas les plus passionnants.

Heureusement que tout repose sur le duo Archer et Armstrong, qui vont devoir s’entraider rapidement. Bon en fait, l’autre déception, et la principale, c’est que ce n’est pas aussi drôle qu’attendu. Bien sûr, le duo fonctionne assez bien, avec un Armstrong qui a tout vu de sa longue vie, et Archer qui a seulement 18 ans, découvre la vie en dehors de son parc d’attraction. Ça donne quelques dialogues savoureux, quelques passages funs en général – la lecture reste quand même agréable en somme – mais je m’attendais à en rire davantage, ça ne fait pas toujours mouche.

Mais je le reconnais que pour le coup, ce genre de reproche dépendra sans doute des affinités de chacun. D’autant qu’à côté de ça, le dessin est vraiment bon et efficace ; il ne me manque pas grand-chose pour totalement kiffer l’œuvre. Le prochain tome sera la bonne ?

Finalement, la bonne surprise – sans être ouf’ non plus – vient de Bloodshot. Alors ouais, c’est clairement pas le plus subtil du lot. Bloodshot, c’est une sorte d’actioner des années 80’, à la sauce comics des 90’, avec une plastique (plutôt agréable) des 2000’. Une sorte de trip rétro, mais plutôt assumé et agréable ; un plaisir coupable en somme.

Bloodshot est un soldat d’élite qu’on envoi sur le terrain faire le sale boulot. Pour lui, de son point de vue, c’est juste un bon soldat américain qui quitte sa femme et son gosse régulièrement pour partir en mission, toujours dans l’espoir de rentrer en entier les revoir. Sauf que : ce « Bloodshot » est en fait une sorte de super soldat blindée de nanomachines lui conférant des capacités physiques et intellectuelles bien supérieures à la normale, y compris des trucs plutôt cool comme une possibilité de guérison, même quand le corps est en charpie. Sauf que : suite à une mission de sauvetage d’un allié qui a mal tourné, on s’est amusé à triturer les nanomachines de notre héros, lui permettant de lui ouvrir les yeux sur certaines choses : il se rend compte que les souvenirs qu’il a, sa famille, son identité civil, tout ça, c’est que du flan. Plusieurs identités au sein d’un même cerveau, que ceux qui commandent tout ça en amont peuvent interchanger quand ça les arrangent – sans oublier le fait de se rendre compte que les missions qu’il a effectué n’ont pas voilà des petits détails qui n’emballe pas un Bloodshot enfin lucide. Et la suite, vous la connaissez : il va chercher à découvrir qui il est réellement, et surtout comprendre qui est derrière tout ça, en retournant la technologie qui le contrôlait contre ses créateurs.

C’était donc pas mal du tout. Ça ne vole pas haut, il y a toujours de grosses ficelles, mais ça marche bien quand sa construction du personnage manipulé et qui va se « rebeller » contre le système, en se faisant quelques allié(e)s et ennemis au passage. Ça ressemble un peu à du Punisher dans l’esprit (C’est même parfois assez trash visuellement – limite trop d’ailleurs), les « pouvoirs » en plus. Mais le scénario se suit plutôt bien et se tient pas mal malgré le côté bas du front. C’est d’ailleurs aussi agréable de découvrir un des premiers rapprochements avec l’univers partagé de Valiant, avec un personnage qui rejoindra Bloodshot dans sa quête faisant partie des « Activés », les mutants à la Marvel de l’univers Valiant introduit à côté dans Harbinger.

Ne pas lire ce dernier ne pose aucun soucis de compréhension (C’est juste histoire de savoir à quel type de personnage on a affaire), mais le contraire permet de voir un peu plus dans quelle direction ça va, donc après tout, pourquoi pas. C’est d’ailleurs sans surprise que je vois qu’il y a un crossover entre les deux séries un peu plus tard. Espérons alors que ça ne marque pas le début de la fin, en se perdant totalement en route en voulant à tout prix connecter leurs séries, comme un peu trop souvent chez la grosse concurrence. Valiant, je crois en toi. En tout cas, tu m’as bien botté pour lire la suite, ce qui est déjà un bon début.

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Batman, c'est un peu mon Avengers préféré.

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